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Dossier
SAM "Question Juridique" de Février 2001
par Murielle-Isabelle
CAHEN, Avocat à la Cour d'appel de Paris
et auteur du site Web Avocat-Online
Les métas sont des
informations inclus dans une page web, invisible pour
l'utilisateur mais qui permettent de définir des mots
clés pour l'indexation dans les moteurs de recherche.
Quand un internaute fait une recherche avec un mot clé,
la page d'un site web, qui contient ce mot clés dans
ses métas, apparaîtra en tête dans les réponses, même
si le site ne présente aucun rapport avec ce mot.
D'où de multiples problèmes: les métas permettent
par exemple qu'une recherche sur le nom d'une société
emmène le visiteur sur la page web d'un concurrent
qui aura placé comme méta le nom de la société.
Des solutions françaises
Affaire Citycom, CA
Paris, 3 mars 2000
Dans cette affaire,
la société Citycom vendait des produits Chanel sans
faire partie du réseau de détaillants agréés de la
marque, et avait inclus dans le code html des pages
web du site, les mots clés "Chanel" et
"Coco" dans les balises métas.
Le litige avant dans
un premier temps échappé à une décision
juridictionnelle, puisque les deux sociétés avaient
transigé.
Un arrêt de la 14ème
chambre de la cour d'appel de Paris du 3 mars 2000 a
condamné la société Citycom pour contrefaçon. La
Cour a considéré que l'emploi des mots " Chanel
" et " coco " dans les métas
constituait une contrefaçon et une utilisation
abusive des marques de Chanel.
TGI Draguignan, 18 décembre
1998, Thouvenin c/ Merlin
Il s'agissait ici,
des conséquences d'une décision de référé
interdisant l'utilisation d'un nom de domaine. Le TGI
a décidé que l'interdiction de l'utilisation d'une
marque comme nom de domaine s'étendait à tous les
modes d'accès au site concerné : adresse URL et
meta-names.
Les sanctions de la
contrefaçon sont : 2 ans de prison et 1.000.000 F
d'amende
Des exemples étrangers
La jurisprudence américaine
Les affaires Playboy
- Contre une société :
Une société avait utilisé comme métas les mots
" Playboy " et " Playmate ". La
société Playboy a réagi en intentant une action en
contrefaçon et concurrence déloyale. Les tribunaux
ont donné raison à la société Playboy, considérant
qu'il y avait en l'espèce un véritable détournement
de clientèle.
- Contre une ancienne
playmate
L'hypothèse était exactement la même. Mais une
playmate avait utilisé dans les métas les mots
" Playboy " et " Playmate ". Le
juge a ici refusé l'interdiction demandée par la
société Playboy en considérant que l'utilisation était
légitime ( l'arrêt retient la notion de " fair
use " ). Le tribunal a retenu que l'ancienne
playmate ne laissait en rien croire aux visiteurs
qu'ils étaient sur un site de la société Playboy.
La jurisprudence
belge
Tribunal de commerce de Bruxelles : Affaire Belgacom
Dans cette affaire, la société Intouch avait utilisé
comme meta-tags le nom de son concurrent "
Belgacom ". Le tribunal de commerce de Bruxelles,
fondant sa décision sur le droit des marques belge, a
condamné la société Intouch à cesser d'utiliser
les termes incriminés sous astreinte.
CONCLUSIONS
Sous prétexte que
les metas sont invisibles à l'oeil nu, ne pensez vous
pas que le droit ne peut s'y immiscer ! Utilisez les
à bon escient et pensez aux conséquences juridiques
potentielles...
Murielle-Isabelle
CAHEN
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